L’anima dans la psychologie de Jung
L’anima est le nom que Jung donne à l’âme : la figure intérieure derrière tes humeurs, tes fascinations et ton sentiment de la vie. Voici ce qu’il entendait par là, comment elle se montre et ce qu’elle te demande.
L’anima (mot latin pour « âme ») est le terme de Carl Gustav Jung pour l’image de l’âme : la figure intérieure qui porte notre sentiment, notre capacité de relation et notre sens de la profondeur, et relie le conscient à l’inconscient. Jung l’a d’abord décrite comme l’image féminine chez l’homme. La plupart des jungiens la lisent aujourd’hui comme l’âme en chacun, en couple avec l’animus, l’esprit.
Un homme qui dirige des réunions avec un calme plein d’autorité rentre chez lui et boude toute la soirée pour une remarque dont il se souvient à peine. Une femme referme un roman à deux heures du matin et ne peut s’empêcher de penser à un personnage, comme si elle l’avait toujours connu. Une enseignante à la retraite entend une chanson de 1979 et doit quitter la pièce.
Jung dirait que la même figure est à l’œuvre dans les trois cas : l’anima, l’image de l’âme. Cette page va plus loin avec elle que notre vue d’ensemble sur l’anima et l’animus : ce que le mot signifiait pour Jung, comment tu la rencontres chez les autres, ses quatre visages, les humeurs qu’elle apporte quand on l’ignore, comment elle apparaît dans les rêves et les contes, et ce que donne une vie bien accordée avec elle. Sa figure partenaire, l’esprit, a sa propre page : l’animus.
Qu’est-ce que l’anima dans la psychologie de Jung ?
L’anima est le nom que Jung donne à l’image de l’âme, la figure intérieure du sentiment, de la relation et de la profondeur qui nous relie à l’inconscient. On la rencontre d’abord chez les autres, sous forme de fascination et de coup de foudre, et en soi sous forme d’humeurs. Jung lui a décrit quatre visages : Ève, Hélène, Marie et Sophia. Il rattachait l’anima à l’homme ; la plupart des jungiens voient aujourd’hui l’âme, comme l’esprit, en chacun.
- « Anima » est le mot latin pour âme. Le terme de Jung pour elle était l’image de l’âme, et il en faisait le facteur qui fabrique les projections.
- On la rencontre d’ordinaire d’abord à l’extérieur : une fascination pour une personne, un lieu ou une histoire qui semble plus grande que nature.
- Ses quatre visages, Ève, Hélène, Marie et Sophia, viennent de l’essai de Jung de 1946 sur le transfert. Ils décrivent des sortes d’amour, pas des notes données à une personne.
- Ignorée, elle se montre par des humeurs. Quand on entre en relation avec elle, elle devient chaleur, intuition et pont vers la vie intérieure. Hillman et la plupart des jungiens ultérieurs la lisent comme une part de chacun.
Ce qu’est l’anima : l’âme, pas un genre
Anima signifie âme en latin, et aussi souffle, ce qui rend un corps vivant. Jung a choisi le mot avec soin. Dans le chapitre « Définitions » de Types psychologiques (Collected Works, vol. 6), il décrit une image de l’âme : une figure intérieure dont les qualités complètent le visage que nous montrons au monde. Dans un autre essai, il appelle l’anima l’archétype de la vie elle-même.
Au quotidien, l’anima est la part de toi qui transforme les événements en expérience. C’est pourquoi un morceau de musique peut te défaire, pourquoi une ville visitée une fois peut ressembler à une maison, pourquoi certains soirs tout paraît plein de sens et d’autres rien. Jung la rattachait à Éros : la relation, le sentiment, l’attraction vers les autres et vers le monde intérieur.
Pour Jung lui-même, l’anima appartenait aux hommes et son partenaire, l’animus, aux femmes. Cette règle appartient aujourd’hui à l’histoire : elle est façonnée par les rôles de genre de son époque. James Hillman, dans Anima: An Anatomy of a Personified Notion (1985), a pris le latin au mot : si l’anima est l’âme, tout le monde en a une, et l’animus est l’esprit. Les praticiens ont évolué dans la même direction. Dans une étude par entretiens menée à Zurich (Heinke et Läge, 2003), 24 psychologues analytiques sur 28 ont rejeté l’idée d’un animus réservé aux femmes, et le chapitre « Anima/Animus » de Verena Kast dans The Handbook of Jungian Psychology (dirigé par Renos Papadopoulos, 2006) est le plus souvent cité pour l’idée que femmes et hommes peuvent porter les deux figures.
C’est la lecture que suit cette page : l’anima est l’âme, l’animus est l’esprit, et les deux sont en chacun. Pour les voir côte à côte, consulte la page différence entre anima et animus.
Comment on rencontre l’anima : projection et fascination
La première chose que dit Jung de l’anima, c’est qu’on la rencontre rarement telle qu’elle est. Dans Aïon (vol. 9/2), il l’appelle le facteur qui fabrique les projections. Tant que l’image de l’âme reste inconsciente, elle ne reste pas à l’intérieur. Elle atterrit sur une personne réelle, qui semble soudain porter une lumière, une promesse ou un danger bien plus grands que tout ce qu’elle a fait.
Le rire d’un collègue que tu guettes. Un inconnu dans un train dont tu inventes toute la vie. Un nouveau partenaire qui semble te comprendre avant que tu parles. Le livre We de Robert A. Johnson (1983), lu à travers Tristan et Iseut, soutenait que l’amour romantique est l’âme qui se cherche elle-même dans un partenaire : c’est pourquoi il peut sembler presque religieux, et pourquoi aucun être humain ne peut le porter longtemps.
Le masque et ce qu’il cache
L’anima répond aussi à la persona, le rôle que nous jouons en public. Dans Dialectique du moi et de l’inconscient (Collected Works, vol. 7), Jung décrit comment, plus une personne devient entièrement son rôle extérieur, plus l’âme travaille dans l’ombre et se projette. Le professionnel irréprochable qui s’effondre pour un simple SMS n’est pas faible ; la part de lui qui ressent n’a pas eu d’autre endroit où aller. La signature de l’anima, c’est la fascination : pas une simple sympathie, mais une attirance où il y a du destin.
Les quatre visages de l’anima : Ève, Hélène, Marie, Sophia
Dans « La psychologie du transfert » (1946, vol. 16, § 361), Jung nomme quatre stades de l’éros connus de l’Antiquité tardive, Ève, Hélène, Marie et Sophia, et retrouve la même série dans le Faust de Goethe : Marguerite, Hélène, Marie et l’« éternel féminin ». La traduction anglaise est en cours de révision (Wes Wallace en a publié une nouvelle dans le Journal of Analytical Psychology en 2024), alors lis ce qui suit comme une interprétation, pas comme une parole sacrée. Pour des scènes vécues de chaque visage, vois les exemples d’anima et d’animus.
Ève : l’âme du corps et du foyer
- Au mieux : la chaleur, l’appétit, le repos, le plaisir d’un repas partagé. Jung reliait ce visage à la terre et à la mère.
- En amour : tu veux qu’on te prenne dans les bras, qu’on te nourrisse, qu’on prenne soin de toi. La proximité se dit par le toucher et les habitudes plus que par les mots.
- Quand il devient sombre : la dépendance. Avoir du mal à fonctionner sans quelqu’un qui s’occupe de toi, ou une proximité si serrée qu’elle étouffe les deux.
- Le don à faire grandir : apprendre à te nourrir, à te reposer et à te stabiliser, pour que le soin devienne quelque chose que tu donnes et reçois, plutôt qu’une condition de survie.
Hélène : l’âme de la beauté et du désir
- Au mieux : le plaisir de la beauté, du talent et du charme. Pour Jung, ce visage reste érotique, mais romantique et esthétique : la personne aimée est vue pour la première fois comme un individu.
- En amour : tu tombes pour la personne marquante, la personne douée, celle que tout le monde remarque.
- Quand il devient sombre : la chasse. L’intérêt s’éteint dès que la personne aimée se révèle ordinaire, et la quête recommence.
- Le don à faire grandir : ton propre œil pour le beau et ton propre feu créateur, pour que tu puisses faire de belles choses et laisser les personnes que tu aimes être ordinaires.
Marie : l’âme de la dévotion
- Au mieux : la tendresse, la loyauté, l’amour élevé jusqu’à la dévotion. Jung décrit ce visage comme l’éros porté au niveau du sentiment religieux.
- En amour : un engagement durable et une amitié profonde ; tu honores la personne que tu aimes.
- Quand il devient sombre : le piédestal. Un partenaire idéalisé comme pur, et un amour qui ne survit pas au premier défaut, ce qui coupe les gens entre saints et déchus.
- Le don à faire grandir : une dévotion qui inclut l’imperfection, et un sentiment moral chaleureux plutôt que strict.
Sophia : l’âme de la sagesse
- Au mieux : l’intuition, la guidance intérieure, le sentiment que la vie a un dessin. Jung dit que ce visage dépasse Marie et l’appelle une Hélène spiritualisée.
- En amour : tu veux un compagnon de pensée et de vie intérieure, quelqu’un vu en entier, lumière et ombre ensemble.
- Quand il devient sombre : l’oracle. La guidance intérieure se durcit en certitude qui flotte au-dessus de la vie quotidienne et ne souffre pas la question.
- Le don à faire grandir : faire confiance à ta propre intuition tout en la gardant en dialogue avec de vraies personnes et de vrais faits.
Comme Sophia est une Hélène spiritualisée, et non simplement l’étape après Marie, même l’ordre de Jung n’est pas une montée régulière. La plupart des gens reconnaissent deux ou trois visages à la fois.
Quand l’anima prend le dessus : les humeurs
Le mot de Jung pour l’état où l’on est mené par l’image de l’âme au lieu d’entrer en relation avec elle était la possession. Dans son essai sur le concept d’anima (vol. 9/1), il en décrit le résultat comme un caractère devenu susceptible, irritable et lunatique. Dans Aïon, il place les humeurs du côté de l’anima et les opinions du côté de l’animus. Marie-Louise von Franz, dans L’Homme et ses symboles (1964), a ajouté la voix intérieure qui dévalorise tout : le sentiment gris que rien n’a de sens.
Dans la vie ordinaire, cela peut ressembler à ceci :
- Une remarque au dîner que tu rumines pendant trois jours, puis que tu ressors au milieu d’une dispute sur autre chose.
- Te taire au lieu de dire « ça m’a fait mal ».
- Un flot de sentimentalité devant une vieille photo, suivi d’un matin plat et vide.
- Le fantasme qui prend la place d’une personne : le partenaire imaginaire qui ne déçoit jamais, face au partenaire réel qui déçoit.
La possession ne signifie pas que l’anima est mauvaise. Elle signifie que l’anima est ignorée. Chaque humeur est un sentiment auquel on n’a jamais donné de place, alors il en a pris une. Elle garde un vrai don : l’ouverture qui te rend susceptible est aussi ce qui te permet de sentir un changement dans une pièce, ou de savoir qu’un ami va mal avant qu’il le dise. La voie à suivre est de nommer le sentiment quand il est encore petit, et de le dire à la personne concernée.
Si les humeurs sont constantes, t’empêchent de fonctionner ou s’accompagnent de pensées de te faire du mal, parle à un professionnel de la santé mentale. Cette page sert à la réflexion, pas au diagnostic.
L’anima dans les rêves, les romans et les contes
Les rêves sont l’endroit où l’anima apparaît sans personne réelle derrière laquelle se cacher. Souvent, c’est une femme que la personne qui rêve n’a jamais rencontrée ou connaît à peine : une inconnue qui semble te connaître, une sœur, une amante, quelqu’un qui marche devant pour montrer le chemin, une déesse, ou une figure qui surgit de l’eau ou de la terre. La façon dont elle te traite reflète souvent la façon dont tu traites ta propre vie affective. Une étude de 2023 sur 141 rêves de neuf personnes en thérapie jungienne (Saiz et ses collègues) a aussi trouvé des figures androgynes dans ce rôle.
Les romans avec lesquels Jung enseignait
Dans son séminaire de 1925, donné en anglais, Jung a enseigné l’anima à travers la fiction populaire, surtout She de Rider Haggard, dont la reine immortelle Ayesha revenait sans cesse dans ses propos, et L’Atlantide de Pierre Benoît, avec sa reine Antinéa. Four Novels in Jung’s 1925 Seminar (2020) de Matthew Fike retrace la façon dont il s’en servait.
Femmes des eaux et sirènes
Emma Jung, dans son essai sur l’anima (1955), l’a lue à travers le folklore : ondines, femmes-cygnes et Mélusine, des êtres mi-humains mi-nature. Son propos était doux et pratique. Une telle créature n’est pas un ennemi à vaincre ; il faut l’amener, patiemment, à la relation humaine. Von Franz a décrit les versions plus sombres : la sirène et la Lorelei, dont le chant attire marins et bateliers sur les rochers, et la princesse qui impose des épreuves impossibles à ses prétendants. Chacune est l’attirance de l’âme retournée contre la vie : une beauté qui te noie au lieu de t’éveiller.
Si une figure revient dans tes rêves avec le même sentiment, note ce qu’elle fait et ce qu’elle dit. Elle porte souvent un message sur ce que tu as cessé de ressentir.
La mère, premier porteur
D’où l’image de l’âme tient-elle son premier visage ? Dans son essai sur le concept d’anima (vol. 9/1), Jung distingue l’anima de l’image de la mère mais note que la mère en est d’ordinaire le premier porteur. Les amours ultérieures viennent ensuite. Von Franz ajoute que la mère façonne la forme individuelle de l’anima : là où ce premier lien a été douloureux, l’anima peut plus tard se montrer sous forme d’humeurs irritables, sombres et incertaines.
Il ne s’agit pas de chercher un coupable. La première personne qui s’est occupée de toi a prêté à ton âme sa toute première tonalité, et tu peux l’entendre plus tard dans ce qui t’apaise et dans le genre de soin que tu réclames ou refuses.
Ann et Barry Ulanov décrivent comment ces figures intérieures peuvent être blessées, par les parents entre autres, et comment elles guérissent. C’est la partie pleine d’espoir. L’anima commence dans ta première relation mais n’y reste pas. Si tu te surprends à demander à un partenaire d’être la mère que tu n’as pas eue, ce n’est pas un verdict ; c’est le contour de ce que ton âme veut encore faire grandir.
Signes d’une anima plus reliée
Jung ne pensait pas qu’on pouvait en finir avec l’anima. Dans Aïon, il écrit que ses effets peuvent être rendus conscients mais qu’elle reste autonome. Le but est une relation de travail. Par l’intégration, dit-il, l’anima devient l’Éros de la conscience : un sentiment dont tu peux te servir plutôt qu’un sentiment qui te submerge.
Dans la littérature jungienne clinique et grand public que nous avons lue pour ce dossier, quelques signes reviennent sans cesse :
- Tu vois la personne, pas le rôle. Un partenaire a le droit d’être limité, et la déception ne veut plus dire « mauvaise personne ».
- Tu nommes tes sentiments au lieu de les agir. « Ce soir, personne ne m’a fait de place » remplace trois jours de froideur.
- Tu sais t’apaiser dans le conflit. L’humeur est là, mais ce n’est pas elle qui conduit.
- Tes liens semblent choisis, pas compulsifs. Tu restes parce que tu le veux, pas parce que tu ne peux pas partir.
- Ta vie intérieure a une voix. La musique, l’écriture, la nature ou la prière donnent à l’âme un endroit où aller en dehors d’un partenaire.
Comment travailler avec ton anima
Le conseil de Jung lui-même, dans Dialectique du moi et de l’inconscient, était étonnamment concret : traite l’anima comme une personne. Pose-lui des questions, laisse-la répondre, et prends ses humeurs au sérieux au lieu de les refouler. Il appelait la méthode plus large l’imagination active (article en anglais). Tu n’as pas besoin de commencer par là. Ces étapes fonctionnent un soir ordinaire :
- Attrape l’humeur et donne-lui une phrase. Pas « ça va », mais « je me sens de trop depuis le déjeuner ». Une humeur avec des mots est déjà à moitié reliée.
- Demande-lui ce qu’elle veut. Écris la question en haut d’une page et réponds avec la voix de l’humeur, sans corriger. Elle paraît souvent étonnamment raisonnable.
- Retrace tes fascinations. Dresse la liste des trois personnes, personnages ou lieux qui ont exercé sur toi la plus forte fascination. Qu’ont-ils en commun ? Cette qualité commune est un portrait de ton âme.
- Observe la déception. Quand quelqu’un que tu admirais se révèle ordinaire, demande-toi quel visage tu lui avais donné : le soin d’Ève, l’éclat d’Hélène, la pureté de Marie, la sagesse de Sophia.
- Donne-lui une vie à elle. Le conseil de Johnson était que l’âme a besoin d’exutoires en dehors de la romance. Une pratique de musique, de création, de marche ou de lecture lui donne une maison qu’aucun partenaire n’a à porter.
L’anima et l’ombre
Jung était clair sur l’ordre. Dans le vol. 9/1, il fait de l’affrontement avec l’ombre l’épreuve de l’apprenti du travail intérieur, et de la rencontre avec l’anima son chef-d’œuvre. Aïon suit le même chemin chapitre par chapitre : moi, ombre, syzygie, Soi.
Les deux se confondent facilement parce que tous deux sont inconscients et tous deux sont projetés. La différence tient au sentiment. L’ombre porte ce que tu rejettes en toi, et elle tend à tomber sur les personnes qui t’irritent. L’anima porte ce que tu désires, et elle tend à tomber sur les personnes qui t’enchantent.
Elles s’emmêlent aussi. Une humeur est souvent un sentiment d’ombre, de l’envie ou de la colère que tu refuses de reconnaître, sous les habits doux de l’anima. C’est pourquoi l’intégration de l’ombre doit d’ordinaire passer en premier : tant que tu ne peux pas dire « je suis en colère », l’âme ne peut que bouder. Notre guide du travail de l’ombre propose des étapes pratiques, et les ombres d’Archemap montrent les doubles plus sombres de chaque archétype. Pour la vue d’ensemble de la place de l’anima dans la carte de Jung, vois l’inconscient collectif et notre dossier Carl Jung.
Foyer, Muse, Dévotion, Sagesse : comment Archemap nomme les visages
Dans notre recherche pour ce dossier, nous avons lu le passage de Jung sur les stades à côté de l’essai d’Emma Jung sur l’anima et des récits de von Franz sur l’âme dans les rêves et les contes. Les anciens noms portent des siècles de poids religieux et littéraire, et ils peuvent sonner comme un classement. Archemap donne donc aux quatre visages de l’âme des noms simples et modernes, bâtis sur cette tradition :
- Foyer (Ève) : le soin, le corps, la maison.
- Muse (Hélène) : la beauté, l’inspiration, le feu créateur.
- Dévotion (Marie) : la tendresse, la loyauté, l’amour qui honore.
- Sagesse (Sophia) : l’intuition, la guidance intérieure, le sens.
Ce sont nos noms, pas ceux de Jung, et ils décrivent un mélange, pas une échelle. La plupart des gens vivent deux ou trois visages à la fois, et chacun a son don et sa forme sombre. L’esprit a quatre visages à lui, que tu peux découvrir sur la page de l’animus.
Sources et pour aller plus loin
- Jung, C. G. Types psychologiques. Georg. Collected Works, vol. 6, « Définitions » : Âme, image de l’âme. L’image de l’âme et sa projection.
- Jung, C. G. Dialectique du moi et de l’inconscient. Gallimard, Folio essais (trad. R. Cahen). Collected Works, vol. 7, « Anima and Animus ». La persona, la projection et le dialogue avec l’anima.
- Jung, C. G. The Archetypes and the Collective Unconscious (Collected Works, vol. 9i). Contient « Concerning the Archetypes, with Special Reference to the Anima Concept ». Référence donnée d’après le volume anglais.
- Jung, C. G. Aïon. Albin Michel. Collected Works, vol. 9ii, chap. III « La syzygie : anima et animus ». L’anima comme facteur qui fabrique les projections. Le lien renvoie à l’édition anglaise.
- Jung, C. G. La Psychologie du transfert (1946). Albin Michel. Collected Works, vol. 16, § 361. Ève, Hélène, Marie, Sophia.
- Wallace, W. (2024). « Jung’s Erotic Phenomenology: I. A New Translation. » Journal of Analytical Psychology 69(1) : 27-50. Une nouvelle traduction du passage sur les quatre stades (en anglais).
- Jung, E. Animus et anima. La Fontaine de Pierre (trad. M. Bacchetta, 2017). En anglais : Animus and Anima: Two Essays, Analytical Psychology Club of New York, 1957 ; Spring Publications. L’essai sur l’anima (1955), sur les êtres des eaux et Mélusine.
- von Franz, M.-L. « Le processus d’individuation », dans Jung (dir.), L’Homme et ses symboles. Robert Laffont (original anglais : Man and His Symbols, 1964). L’anima négative et positive.
- Johnson, R. A. We: Understanding the Psychology of Romantic Love. Harper & Row, 1983. L’amour romantique comme projection de l’âme (en anglais).
- Hillman, J. Anima: An Anatomy of a Personified Notion. Spring Publications, 1985. L’anima comme archétype de l’âme en chacun (en anglais).
- Kast, V. « Anima/Animus », dans R. K. Papadopoulos (dir.), The Handbook of Jungian Psychology. Routledge, 2006. L’entrée de manuel la plus citée pour l’idée que femmes et hommes peuvent porter les deux figures (en anglais).
- Heinke, E. et Läge, D. (2003). « Zur Geschlechtsspezifität des Animus-Konzeptes. » Analytische Psychologie 34(1) : 47-69. Entretiens avec 28 psychologues analytiques (en allemand).
- Saiz et al. (2023). « The Syzygy, Reformulation and New Perspectives: Dreams, Anima-Animus and Gender. » Journal of Analytical Psychology 68(2) : 301-326. 141 rêves de 9 personnes en thérapie jungienne (en anglais).
- Ulanov, A. B. et Ulanov, B. Transforming Sexuality: The Archetypal World of Anima and Animus. Shambhala, 1994. Comment les figures intérieures sont blessées et comment elles guérissent (en anglais).
- Fike, M. A. Four Novels in Jung’s 1925 Seminar. Routledge, 2020. She, L’Atlantide et les autres romans du séminaire (en anglais).
Ton âme se montre dans ce que tu vis et dans ce que tu évites
Le test Archemap nomme ton archétype dominant et l’ombre qui le suit. Les connaître rend la figure plus discrète, l’âme derrière tes humeurs et tes fascinations, bien plus facile à remarquer.
L’âme que tu projettes est à toi de la faire grandir
Commence par le schéma que tu vis déjà : ton archétype, et l’ombre qui entre en jeu sous la pression.